L’Ostéopathie2017-07-02T20:25:06+02:00

L’Ostéopathie

Qu’est-ce que l’ostéopathie ?

L’ostéopathie se définit comme une médecine manuelle, s’intéressant aux troubles fonctionnels du corps humain.
L’ostéopathe, horloger du corps, utilise ses mains de différentes façons pour établir un diagnostic ostéopathique et dispenser le traitement.

Par différents tests de mobilité, tant au niveau articulaire (vertébral ou périphérique) qu’au niveau viscéral ou crânien, il évalue l’état des différents systèmes du corps humain. Il emploie, dans ce but, différents types de palpations qui lui permettront d’évaluer les restrictions de mobilité et micro-mobilité des structures testées, qui entraîneront l’apparition de troubles fonctionnels et pourra ainsi proposer ainsi un traitement adapté au patient.

L’examen ostéopathique dépassera aussi l’examen spécifique des différents systèmes, en évaluant leurs inter-relations, tant mécaniques que neurophysiologiques, pour découvrir ultimement la cause dite primaire. En effet, ce problème primaire peut engendrer souvent une série de troubles fonctionnels et de symptômes à distance. Ceux-ci ne disparaîtront que lorsque la cause aura été traitée efficacement. L’intervention thérapeutique sera spécifique au type et au site du problème concerné.

L’ostéopathie ne s’intéresse donc pas simplement à un symptôme ou à une maladie, mais considère le patient comme un tout devant être appréhendé dans son ensemble.

L’ostéopathie se base sur 5 grands principes :

  1. Le corps humain est un tout, une unité fonctionnelle, les différentes parties du corps sont inter-dépendantes les unes des autres.
  2. Principe d’homéostasie : Le corps possède ses propres capacités d’auto-régulation et d’auto-guérison.
  3. La règle de l’artère est suprême : La bonne circulation des fluides est nécessaire à la conservation d’une santé harmonieuse. L’intégrité fonctionnelle des systèmes de l’organisme dépend de l’apport sanguin et nerveux.
  4. Structure et fonction sont en inter-relation : Le mouvement est le lien entre la fonction et la structure d’un organe.
  5. C’est le patient, et non ses symptômes, qui est au cœur de l’attention de l’ostéopathe : Pour cela, l’art ostéopathique vise, via un diagnostic ostéopathique précis et des techniques manuelles adaptées, à traiter les problèmes fonctionnels, à rétablir et préserver l’état de santé, ainsi qu’à prévenir l’apparition de la maladie.

Les limites de l’ostéopathie :

En posant son diagnostic Ostéopathique Spécifique, l’Ostéopathe recherche aussi « les diagnostics d’exclusion », c’est-à-dire les manifestations cliniques qui relèvent d’une autre discipline que la sienne (chirurgicale, médicale, kinésithérapique) ou qui ne sont pas justifiables d’un traitement Ostéopathique utilisé seul.

L’Ostéopathie ne prétend pas tout soigner. Elle ne propose pas de guérir les maladies dégénératives (cancer, sida, sclérose en plaque, parkinson, etc, …), les maladies génétiques (mucoviscidose, myopathie, etc, …) pas plus que les maladies infectieuses ou les fractures. Cependant, même si l’Ostéopathie ne peut avoir d’action sur ces affections, l’Ostéopathie peut avoir une action sur les conséquences, en particulier la douleur, par libération des tensions des structures environnantes, et sur l’approche psychosomatique qui peut en résulter.

En résumé, l’ostéopathie est à la fois un art, une philosophie et une science.

Un Art , car c’est une thérapeutique manuelle qui repose sur des compétences spécifiques approfondies du corps humain, et nécessite un toucher précis, minutieux, exact, et toujours dosé suivant les patients et la pathologie à traiter.
Une Philosophie , parce qu’elle s’intéresse à l’homme dans sa globalité. Ce n’est pas tant le symptôme qui intéresse l’ostéopathe que la cause qui la provoque.
Une Science qui englobe les connaissances anatomiques, physiologiques, biomécaniques, et biologiques relatives au rétablissement et à la préservation de la santé.

Histoire de l’ostéopathie

Andrew Taylor STILL est né le 6 août 1828 en Virginie aux Etats-Unis d’Amérique.

Alors qu’il avait 10ans et qu’il souffrait d’un mal de tête, il prit les rênes qui servaient à son père pour labourer, et fit une balançoire reposant à une vingtaine de centimètre du sol. Il s’allongea la corde reposant en travers de la base du cou. Il s’endort dans cette position, et constate que son mal de tête passe en peu de temps. Cette découverte fortuite piqua son intérêt vers les traitements naturels. C’est ainsi qu’il utilisa cette technique pendant 2ans pour se soulager avant de comprendre, qu’il suspendait l’action des grands nerfs occipitaux.
Son père pasteur, médecin et agriculteur lui donne une éducation portant vers le perfectionnisme. La recherche d’une nourriture saine, la nature, l’influenceront durant toute sa vie pour l’amener à l’ostéopathie.

Sa formation de médecin est empirique, basée sur le travail de terrain, ses lectures et ses observations. Il se rendra vite compte que la médecine de l’époque est souvent inefficace.

Il passera également un diplôme d’ingénieur, ce qui l’aidera à la compréhension de la mécanique humaine.

  • 1849 : Il épousa Mary Vaughan avec qui il eu 5 enfants dont un nouveau-né mort en 1955.
  • 1859 : En pleine guerre de sécession, Lorenzo un de ses 4 enfants décède puis un mois plus tard sa femme le suit.
  • 1860 : il épouse Mary Turner avec qui il aura 4 garçon et une fille
  • 1861 : STILL est le médecin et chirurgien de guerre, il est désespéré par le nombre de décès dans ses patients, il ne dispose que de très peu de moyen.
  • Février 1864 : Trois de ses enfants meurent de méningite cérébrospinale, seule Marusha, 15ans, survit.
  • Dans les années 1870 : Il fait fréquemment la visite des tombes des indiens pour étudier les nerfs et les veines sans rien couper. Plus tard il prendra les squelettes chez lui pour les disséquer. Il réalisera des milliers d’expériences de tout ordre. Son travail inlassable explique ses remarquables connaissances en anatomie. Sa maison est couverte de planches d’anatomie, et il lit tous les ouvrages disponibles sur l’anatomie.
    Au bout de 10années de recherches et de nombreux succès médicaux sur la dysenterie, l’asthme… le 22juin 1874 il décide de créer son courant médical : L’OSTEOPATHIE (du grec « os » et de pathos « venant de »)
  • 1878 : Il s’installe à Kirksville dans le Missouri, où il pratique des manipulations à domicile. Durant ces années il élabore ses théories, en disant : « La coordination est la caractéristique spécifique de la vitalité, un arrêt de cette coordination et c’est la mort. Une coordination imparfaite et c’est la maladie ». « Tous les processus de la vie terrestre doivent être tenus en perpétuel mouvement pour cultiver et maintenir un état de bonne santé ». Pendant les années de 1878 à 1892 : sa popularité grandit, l’approche mécanique de Still qui regarde le corps entier comme un système de parties intimement reliées et coordonnées, et sa foi dans le pouvoir de guérison de la nature auront de plus en plus de signification pour les gens.
  • Le 10 mai 1892 : il fonde l’« American School of Osteopathy » à Kirksville dans le Missouri. Le collège aura une expansion très rapide entre 1896 et 1899. Dans cette école Still acceptait les femmes, d’ailleurs la première promotion en comptait 5, ce qui n’était pas le cas des autres écoles de médecines où les filles n’étaient pas admises. STILL crée son propre doctorat en médecine ostéopathique (D.O.)
  • Entre 1896 et 1899 : 30 collèges d’ostéopathie furent crées aux USA, il devient indispensable d’établir des standards d’enseignement, c’est à ce moment que STILL perdit le contrôle sur ses écoles. La profession se scinda en deux :
  1. Les conservateurs opposés à l’utilisation des médicaments
  2. Les modernes désireux d’intégrer les progrès de la médecine, et l’arsenal médicamenteux dans leurs traitements.
    Petit à petit ce sont les seconds qui l’emportèrent. Les ostéopathes intégrèrent alors les standards de l’enseignement médical et pratiquèrent de moins en moins les thérapies manuelles.
  • 1899 : STILL se retira de l’enseignement, conscient de la nécessité de transmettre son savoir, il passera le reste de sa vie à écrire : Phylisophy of osteopathy (1899), phylosophy and mechanical principles of osteopathy (1902), osteopathy research and practice (1910).
  • 1914 : la santé de STILL se dégrade, il mourrut le 12 décembre 1917.

Deux de ses fidèles élèves ont continué son travail de recherche :

  • William Garner Sutherland (1873-1954)

Originaire du Middle West Américain. Il était au départ journaliste, il commence sa formation d’ostéopathie en 1898 et reçoit son diplôme en 1900. Rapidement, le crâne le fascine, dès lors ses recherches se portent essentiellement sur le crâne. 1920 il déclare que la crâne bouge, 1939 il publie la « La boule crânienne ». Malgré ses trouvailles sur la sphère crânienne, il garde les mêmes idées principales que STILL, pour lui également « Permettre à la fonction vitale interne de manifester sa puissance infaillible, plutôt que d’appliquer une force aveugle venue de l’extérieur » : c’est l’origine de l’OSTEOPATHIE BIODYNAMIQUE. Durant toutes les années qui suivent, l’ostéopathie a beaucoup changé, l’ostéopathie Biodynamique est le courant dont le principe est de se rapprocher le plus possible de l’origine, de la pratique de STILL avec sa philosophie.

  • John Martin LITTLEJOHN (1865-1947)

Originaire d’écosse il reçoit une formation universitaire dans les domaines de la théologie, des lettres et de la médecine. Il émigre aux USA en 1892 et y termine ses études de médecine. Il vient consulter A. T. Still à Kirksville en 1892 pour des problèmes de santé chroniques et il est tellement émerveillé par le concept et la technique ostéopathiques, qu’il décide de devenir ostéopathe. Il suit la formation au collège de Kirksville, tout en y donnant des cours de physiologie. Passionné de science, c’est à lui que nous devons les relations neurologiques entre les vertèbres et les organes.